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A Luçon, en 1758, dans le gros temps, un Evêque comtois à la barre.

par Jean Jacquemet de Miauthe

Avant-propos

Cette série d'articles parus dans le “Lien Comtois”(ISSN 1292-3567) de 2000 à 2002 a pour but de faire la lumière sur la naissance mystérieuse du 33ème évêque de Luçon. Partant d'une information erronée(Collinet, de Vaudoré, Du Tressay), ils parviennent, au terme d'une longue enquête historico-généalogique, à faire apparaitre une bien banale réalité.

Biographie

Chapitre 1

Une enquête généalogique conduite en Franche-Comté aux origines de mon patronyme, avant migration en Dauphiné, et de là en Berry, m’a révélé l’existence d’un Claude Antoine François Jacquemet né au diocèse de Besançon en 1707 et que le Chroniqueur mentionne : Evêque de Luçon.

Une parenté hautement probable, eu égard à un patronyme peu fréquent sinon une homonymie certaine, m’ont incité à en connaître davantage. J’ai ainsi appris que l’abbé Jacquemet Docteur de Sorbonne en 1732 sous le nom de Gaultier (le second mari de sa mère), d’abord Vicaire général à Bourges, est nommé par le roi Louis XV au siège épiscopal de Luçon en 1758. Le nouvel Evêque remet de l’ordre dans un diocèse qui en a bien besoin et décède en 1775, en grande renommée de piété. Ce qui concerne l’essentiel du ministère à Luçon de Monseigneur Jacquemet – Gaultier d’Ancyse (nom sous lequel l’Histoire le retient désormais) peut être appréhendé dans des ouvrages généraux consacrant quelques lignes, voire quelques pages à chaque Evêque français du XVIIIe siècle.

Serment de fidélité de Monseigneur Jacquemet au roi Louis XV

Par contre la littérature ne dit mot de la naissance en la Comté, du 33e Evêque de Luçon, de ses activités en Berry, de son sacre en Ile-de-France, du nom d’Ancyse tardivement adjoint.

Nourri de documents d’Archives, puisse ce modeste ouvrage combler les susdites lacunes, préciser certains points obscurs et honorer la mémoire d’un grand serviteur de la Sainte Eglise Catholique.

Chapitre 2

Avec l’Almanach Royal, l’on s’accorde généralement à situer en l’archidiocèse de Besançon, en 1707, la naissance de Mgr Jacquemet Gaultier d’Ancyse, 33ème évêque de Luçon, encore que certains auteurs affichent une opinion bien différente. On ne sait presque rien de ses père et mère si ce n’est que celle-ci, veuve, s’est très rapidement remariée avec un nommé Gaultier que d’aucuns assurent procureur général de la Sénéchaussée d’Issoudun.

Bref, j’ai dû reprendre l’affaire au départ avec pour indice fondamental un codicille, écrit d’une tierce main sur une copie d’époque du testament de cet évêque et relatif à sont filleul : celui-ci Charles Louis Crestin d’Oussières a pour grand-mère maternelle une Lambert fille d’Antoine vicomte mayeur d’Arbois ; les Jacquemet et les Lambert sont deux familles alliées… L’enquête suit donc son cours, aidée de quelques aimables et savants compars francs-comtois. Mais pour l’heure, la présente publication des épisodes de la vie de mon Evêque ne respectera pas toujours l’ordre chronologique des évènements, en raison des points litigieux qui demeurent : je prie le lecteur de bien vouloir m’en excuser.

Revenons maintenant au XVIIIe siècle et disons immédiatement que Mgr Jacquemet exerce son ministère à une époque ‘charnière’ et tourmentée de notre Histoire : s’apaisent enfin les chicanes théologiques et remous jansénistes (souvenez-vous de Port-Royal) alors qu’apparaissent les prémices du drame révolutionnaire. Ainsi, le prédécesseur au siège de Luçon du 33ème évêque sera vertement blâmé en Cour de Rome pour déviationnisme notoire, tandis que le successeur dudit 33ème évêque, député du Clergé poitevin aux Etats-Généraux de mai 1789, membre du Comité d’Etude de la Constitution Civile du Clergé en 1792, choisira finalement l’exil en Suisse, sauvant ainsi sa tête, très vraisemblablement, et ne reparaîtra plus dans son diocèse de Luçon.

Mais, qu’est exactement ce diocèse ? Il est simplement né en 1317 de la volonté décentralisatrice du Pape français Jean XXII et créé autour de l’Abbaye de Luçon, en amputant du Bas-Poitou le grandissime diocèse de Poitiers. L’église de l’Abbaye devient Cathédrale et les bâtiments de l’évêché empruntent au monastère quelques salles… En 1791 ce diocèse, grâce à des ajouts provenant de celui de La Rochelle recouvre notre actuel département de la Vendée ; l’Evêque (suffragant de l’Archevêque de Bordeaux) réside toujours à Luçon et non pas au chef-lieu de département (La Roche sur Yon).

Pour information, nous donnons ci-après la liste officielle des évêques (à ce jour), en charge dudit diocèse (certains auteurs n’adoptent pas tout à fait cette énumération).

NomsDates de l'épiscopat
1Pierre de La Voyrie, dernier abbé de Luçon1317‑1333
2Regnaud de Thouars1333‑1354
3Jean Jouffroy1354
4Guy de Faye13‑54‑1351
5Guillaume de La Rochefoucauld1359‑1387
6Etienne Loypeau1388‑1407
7Martin Gouge de Charpaignes1407
8Germain Paillard1408‑1418
9Elie Martineau1418‑1424
10Guillaume Goyon1424‑1431
11Jean Fleury1431‑1441
12Nicolas Coeur1442‑1451
13André de La Roche1451‑1461
14Nicolas Boutaud1461‑1490
15Pierre de Sacierges1491‑1514
16Ladislas Du Fau1514‑1523
17Jean de Lorraine, cardinal1523‑1524
18Louis de Bourbon-Vendôme, cardinal1524‑1527
Guillaume de La Forest, auxiliaire1526
19Miles d'illiers1527‑1552
Jean Le Blanc, auxiliaire1536
20René de Daillon Du Lude1552‑1562
21Jean‑Baptiste Tiercelin1562‑1578
Noël Poncelet auxiliaire1571
22René de Salla1578‑1584
23Jacques Duplessis de Richelieu1584‑1592
24François Hyvert1593‑1606
25Armand‑Jean Duplessis de Richelieu, cardinal1606‑1623
26Emery de Bragelogne1623‑1635
27Pierre Nivelle1636‑1661
28Nicolas Colbert1661‑1671
29Henry de Barrillon1671‑1699
30Jean‑François de Valderies de Lescure1699‑1723
31Michel‑Celse‑Roger de Rabutin de Bussy1723‑1736
32Samuel‑Guillaume de Verthamon de Chavagnac1737‑1758
33Claude‑Antoine‑Fr. Jacquemet‑Gaultier d'Ancyse1759‑1775
34Marie‑Charles‑Isidore de Mercy1776‑1801
35René‑François Soyer1817‑1845
36Jacques‑Marie‑Joseph Baillès1845‑1856
37François‑Augustin Delamare1856‑1861
38Charles‑Théodore Colet1861‑1874
39Jules‑François Lecoq1875‑1877
40Clovis‑Nicolas‑Joseph Catteau1877‑1915
41Gustave-Lazare Garnier1916‑1940
Charles Massé, auxiliaire1938‑1969
42Antoine‑Marie Cazaux1941‑1967
43Charles Paty1967‑1991
44François Garnier1991

Au passage, il n’est pas sans intérêt de remarquer parmi ces prélats :
12. Nicolas Cœur, frère de Jacques Cœur, homme d’affaires à Bourges
25. Armand-Jean Duplessis, Cardinal de Richelieu, ministre du roi Louis XIII
28. Nicolas Colbert, frère de J-B Colbert, ministre du roi Louis XIV
29. Henri de Barrillon, un des auteurs du célèbre catéchisme dit des « Trois Henri »
31. Michel-Celse-Roger de Rabutin de Bussy, fils du fameux Bussy-Rabutin, Général d’armée, Homme de lettres et cousin de Madame de Sévigné.
37. François-Augustin Delamare « démissionné » par le pouvoir en place pour « activités subversives »

Chapitre 3

Par les soins d’Armand-Jean Duplessis, cardinal de Richelieu, jadis reconstruite, une aile du palais épiscopal de Luçon est la proie des flammes, en cette nuit du 9 janvier 1753. Né de plusieurs foyers, c’est évidemment d’un incendie criminel qu’il s’agit ; il faut bien avouer que le maître de céans, Monseigneur Samuel-Guillaume de Verthamon, janséniste dûment avéré, ne compte pas que des amis et tout spécialement au sein de la Compagnie de Jésus ! Cependant, l’évêque délogé s’installe, faute de mieux, au séminaire de Luçon, chez les Jésuites précisément, et y décède le 1er novembre 1758. Par la suite, ses héritiers, son frère l’évêque de Montauban, sa sœur la comtesse de Lescours, à leurs frais, ainsi qu’obligation leur en est faite (l’enquête n’a pu établir l’auteur de cette malveillance incendiaire) réparent les dégâts ; ils apportent de plus, dit-on, nouveautés et améliorations dans les agencements internes et – louable geste de piété familiale – à la mémoire de leur frère, sur un mur du cloître de l’évêché, font apposer une stèle épitaphe ; elle y est encore, hélas aujourd’hui quelque peu dégradée.

L’intérim étant assuré par un vicaire capitulaire, il faut maintenant pourvoir au remplacement du défunt évêque ; profitons en pour rappeler qu’à cette époque la fonction épiscopale est généralement concédée aux puinés des grandes familles de la Noblesse. S’il est vrai que parmi les susdits, d’authentiques pasteurs dévoués corps et âmes à leurs diocésains ont parfois vécu au milieu d’eux, le plus souvent l’évêque « délègue » à ses vicaires et, grand seigneur résidant à la cour du monarque, il participe aux luttes d’influence avec, bien sûr, tous les risques inhérents à ce type d’activités.

Donc, les postulants au siège de Luçon ne manquent pas en ce mois de novembre 1758 ; et la ‘petite histoire’ raconte qu’un Abbé de cour (ecclésiastique mondain, pour mémoire) aux armoiries des plus renommées, mais bien léger en sciences religieuses, ayant vu sa candidature refusée, aurait, beau joueur, proposé au ministre Choiseul celle d’un vicaire général de l’archevêque de Bourges, l’abbé Jacquemet Gaultier. Effectivement, ce prêtre, docteur en Théologie, prieur de Sorbonne, chanoine bénéficiaire de la collégiale de Levroux est réputé de très saine doctrine et peut, en conséquence, faire valablement oublier l’intermède janséniste. Par contre, en l’état actuel de mes investigations, je ne peux assurer qu’à sa naissance, l’abbé Jacquemet appartient au second des trois Ordres nationaux.

Mais quittons un instant Berry et Poitou. Qu’en est-il de la France en cette fin 1758 ? Notre pays est en guerre, engagé dans un conflit de Sept-Ans dont les conséquences au traité de Paris, en février 1763, demeurent dans toutes les mémoires ! Pour l’heure, si les frontières du pré carré ne sont pas menacées (elles ne le seront jamais) si, comme c’est alors l’usage, seuls les professionnels des deux camps en décousent, pour nous, les défaites s’accumulent tant dans les plaines germaniques avec Clermont à Krefeld qu’avec Montcalm, là-bas, au Canada…

En politique intérieure, le roi a échappé à un attentat l’année précédente ; malgré grèves, émeutes, frondes des parlementaires, la France est prospère, prête au décollage industriel et scientifique qui point, le réseau routier se développe considérablement ; Diderot œuvre à l’Encyclopédie, D’Alembert élabore ses théories mathématiques, Voltaire et Rousseau sont des auteurs à la mode ; le cardinal de Bernis, lassé d’attendre une promotion de premier ministre, démissionne en octobre 1758, sitôt remplacé par Etienne François de Choiseul.

C’est donc dans ce contexte, trop sommairement dépeint, que Louis le Quinzième, dit le Bien-Aimé, Chef temporel de l’Eglise de France, en son Conseil, le 3 décembre 1758, signe l’acte nommant l’abbé Jacquemet Gaultier au siège épiscopal de Luçon…

Pour exercer valablement son ministère, l’évêque nommé doit être préconisé et enfin sacré : ce sont là respectivement formalité canonique ultramontaine et cérémonie liturgique, que je présenterai ultérieurement.

Chapitre 4

Jusques à la veille de la Révolution, les rois de France nomment les évêques à la tête des diocèses ; sans entrer dans les détails, disons seulement que cette prérogative régalienne date de la Pragmatique Sanction de Bourges (1438), elle-même fondée sur un hypothétique document du Roi Saint-Louis, et du Concordat de Bologne (1516) signé entre le pape Léon X et François 1er, codifiant en Ordonnances Gallicanes les rapports entre la Papauté et l’Eglise de France. Le roi Très-Chrétien détient l’autorité temporelle sur le clergé, nommant évêques et abbés ; le Vatican ratifie le choix royal, si celui-ci ne contrevient pas au Droit Canon réglant la discipline ecclésiastique. Rarissimes sont les cas où le Saint-Siège n’a pas accepté l’élu du roi.

Donc, le 3 décembre 1758, le roi louis XV, au siège vacant de Luçon, nomme l’abbé Jacquemet Gaultier, vicaire général de Georges-Louis Phélipeaux d’Herbault, archevêque de Bourges. Aussitôt, le Grand Aumônier de France, administrateur de la Feuille des Bénéfices, Mgr Louis de Jarente, évêque d’Orléans, en termes des plus élogieux, de cette nomination prévient le chapitre cathédral de Luçon.

Datée du 20 décembre 1758, adressée depuis Paris, nous a été conservée la lettre de l’abbé Jacquemet Gaultier répondant aux félicitations à lui adressées par les chanoines de son futur chapitre :

« … et il me tarde d’être à portée de vivre avec vous dans l’union la plus cordiale. C’est même dans cette union, Messieurs, que je compte trouver le secours dont j’ai besoin, dans une place aussi au dessus de mes forces et de mes espérances… »

Eu égard à la lenteur des courriers et voyages au XVIIIe siècle, il est très probable que l’abbé Jacquemet Gaultier est resté à Paris, en retraite, au siège de sa Congrégation, la mission de Saint-Laurent d’Oulx, en attendant l’accord du Saint-Siège. De plus, l’intérim est assuré à Luçon…

Cependant, Rome ignore bien de points de la vie de l’abbé, ainsi que me le confirme récemment Mgr Giuseppe Maria Croce, prélat des Archives Vaticanes :

Archives Vaticanes

La réponse d’installation arrive enfin, sous forme d’un « bref » du pape Clément XIII, daté du 4 avril 1759 ; ce bref s’éloigne visiblement de la formulation en usage, car il ne fait aucune mention bienveillante du prédécesseur trépassé, tenu par Rome pour schismatique… Conformément aux règles en vigueur de l’église catholique, l’évêque préconisé doit être sacré dans un délai de trois mois (le plus souvent un dimanche ou le jour de la fête d’un Apôtre) : il s’agit là d’une onction spéciale conférée par un évêque, le consécrateur aidé de deux co-consécrateurs ou assistants liturgiques (évêques ou simples prêtres) dans un cérémonial bien défini, mais en principe sans pompe ni apparat…

Quant au lieu du sacre de l’abbé Jacquemet, le 29 avril 1759, à savoir l’église Saint-Martin de Jouars, au diocèse de Chartres, je me suis longuement interrogé sur les motifs de ce choix : en fait, il s’agit de l’église paroissiale de la terre de Pontchartrain, érigée en comté par Louis XIV en 1680 en faveur de Louis Phélipeaux, d’antique noblesse de robe, et aïeul de Georges-Louis cité plus haut ; celui-ci, que l’on peut éventuellement considérer comme l’un des trois prêtres ayant conféré le sacre épiscopal à l’abbé Jacquemet a probablement suggéré d’officier dans une église desservant le fief familial. De plus, Jouars se trouve à quatre lieues seulement de Versailles.

La lecture attentive du testament de Mgr Jacquemet Gaultier d’Ancyse nous révèle sans ambiguïté que le cardinal de Choiseul est son consécrateur :
« Je prie mon successeur en l’évêché de Luçon de bien vouloir accepter… …et aussy le portrait de feu M. de Barillon évêque de Luçon qui m’a été donné par Madame la première présidente Molé petite nièce de cet illustre prélat ainsy que le portrait de monsieur le cardinal de Choiseul son petit neveu et mon consécrateur »

Renseignements pris, il s’agit de Antoine-Cléradius de Choiseul-Beaupré (1707-1774), archevêque de Besançon en 1754 et créé cardinal en 1761… Notons que les différents épiscopologes récents ne donnent pas les consécrateurs de l’abbé Jacquemet Gaultier, contrairement aux usages de ces recueils.

Concernant la cérémonie du sacre en cette église de Jouars, un manuscrit conservé au séminaire de Saint-Sulpice, nous en donne une brève description, dans le style simple et quelque peu naïf d’un vicaire de campagne, l’abbé Daudrieu. Je remercie ici le Père-Archiviste dudit séminaire de m’avoir aidé dans le transcription que je présente ci-après :

Archives du Séminaire de St Sulpice (Paris 6e)
« Cérémonies extraordinaires page 323 »
Sacre de monsieur l’Abbé Gauthier nommé à l’évêché de Luçon, dans l’église paroissiale de Jouars, paroisse du château de Pontchartrain le 29 avril 1759. Cette cérémonie fut faite dans l’église de Jouars. Le maître de cérémonie s’y transporta le vendredi, le samedi il exerça les curés et vicaires des environs qui s’étaient rendus chez le curé.
Il fit présenter les offrandes par des enfants de chœur. Le curé avait partagé les cérémonies entre tous les ecclésiastiques qui s’y trouvèrent.
Les prélats en arrivant à l’église furent reçus à la porte par le curé en étole qui leur présenta l’eau bénite, leur fit baiser la Croix et les encensa ; il garda l’étole pendant toute la cérémonie ne s’étant attaché à aucune cérémonie particulière.
Cette cérémonie fut exécutée avec beaucoup d’ordre et chacun y a paru content.

Le lendemain 30 avril 1759 « Le roi entendant le messe dans le chapelle de son château de Versailles » Révérend Père en Dieu, Messire Claude Antoine François Jacquemet Gaultier prête serment de fidélité au monarque (voir Lien Comtois N° 15). Enfin, un manuscrit conservé aux Archives Nationales nous apprend que le 5 mai 1759 : « Jule Nicolas Duvaucel, Ecuyer-Conseiller du Roi, Trésorier général de ses offrandes, aumônes, dévotions, quitte le Seigneur de Luçon de la somme de 33 livres par luy du à cause du serment de fidélité » et que sur ordre de Sa Majesté, il emploiera « pour aider à marier de pauvres Filles ».

Nota : Encore qu’une équivalence soit délicate à établir, je pense que 33 livres (tournois) de 1759 représenteraient 9000 F de 2001.
Un document du XVIIIe siècle portant le cachet de la Généralité de Paris, obtenu à la dernière minute auprès des A. D. Yvelines, me permettra ultérieurement de présenter avec exactitude et précision les acteurs et les témoins du sacre de Mgr Jacquemet Gaultier d’Ancyse.

Chapitre 5

RESUME : Né en l'an de grâce 1706, au diocèse de Besançon, l'abbé Claude-Antoine-François Jacquemet Gaultier, vicaire général de l'archevêque de Bourges, est nommé au siège épiscopal de Luçon, le 3 décembre 1758. Il occupe jusqu'en octobre 1775, une fonction délicate à gérer ; en effet, il intervient entre un prédécesseur quasi schismatique et un successeur que la tourmente révolutionnaire bientôt contraint à l'exil… Et lui-même, après un sommeil de vingt années dans le caveau des Evêques, sis sous le chœur de la Cathédrale, voit sa sépulture profanée en l'An II, de la République française, une et indivisible, et sera réinhumé en 1845.

Dans ses “Documents1 pour l'histoire de l'évêché de Luçon”, l'abbé Delhommeau, archiviste diocésain de la Vendée, cite une pièce manuscrite conservée au séminaire Saint-Sulpice, à Paris 6ème, relatant la cérémonie du sacre épiscopal, le 29 avril 1759 en l'Eglise de Jouars, de l'abbé Gauthier2, nommé au siège de Luçon par le roi Louis XV ; ledit document paru dans le Lien Comtois n°18, m'a semblé sommaire et incomplet, m'incitant ainsi à entreprendre de nouvelles investigations.

Heureusement, j'ai eu le privilège de découvrir aux A.D. des Yvelines, département auquel appartient désormais la commune de Jouars, autrefois au diocèse de Chartres, et ce à la date admise, une très longue description de cette cérémonie3, où l'évêque de Luçon apparaît sous l'identité de Jacquemet Gaultier…. Ainsi que je l'avais précédemment déduit du testament de cet évêque, son consécrateur est bien l'archevêque de Besançon4, peut-être en raison d'affinités comtoises, assisté de Nosseigneurs de Limoges et de Troyes, ce que j'ignorais.

Mais prenons plutôt connaissance de ce que relate, dans l'orthographe, d'époque l'abbé COLLET, curé de Jouars :

Ce dimanche vingt neuf avril mil sept cent
Cinquante neuf, illustrissime et révérendissime
Seigneur, monseigneur Claude Antoine
François Jacquemet Gaultier Evêque de
Luçon a été sacré dans cette église de St
Martin de Jouars Pontchartrain suivant
Le rite et cérémonial du Pontifical
Romain par illustrissime et révérendissime
Seigneur, monseigneur Antoine Cleradieus de
Choiseul Beaupré, archevesque de
Bezançon prince du St Empire Romain
Primat de l'insigne Eglise primatiale de
Loraine Grand Aumônier de Sa majesté
Le Roy de Pologne Duc de Lorainne et
De Bar authorisé à cet effet par illustrissime
Et révérendissime seigneur, monseigneur Pierre Augustin Bernardin
du Rosset de Fleury Evesque de Chartres
Premier aumônier de la Reine en datte
Du 22 avril de la présente année, et assisté par
Illustrissime et révérendissime seigneur,
Monseigneur Jean Gilles du
Coëtlosquet Evesque de Limoges,
Précepteur de Mgr le duc de Bourgogne
Et d'illustrissime et révérendissime seigneur,
Monseigneur Jean-Baptiste-Marie Champion
de Cicé Evesque de Troies ; en présence de
Très haut et très puissant seigneur, monseigneur
Jean Frédéric Phelipeaux Comte de Maurepas
Et de Pontchartrain baron de Beiyne et
Autres lieux, ministre d'Etat et commandeur
Des ordres du Roy; très haute et très puissante
Dame, Madame Marie Jeanne Phelypeaux
de la Vrillière, épouse de mondit Seigneur, seigneur
Et dame de cette paroisse; de Mr de Verthamon
Abbé de Neauphle le vieux archidiacre de
Luçon, de Mr Nicolas Bonaventure Thiery
Chancelier de l'Eglise et Université de Paris
Et chanoine de ladite Eglise, Abbé de Chezy,
de Mr Ganeau Docteur en Théologie de la
Faculté de Paris, Chantre et Chanoine et
Vicaire général de l'église de Luçon et de
Très haut et très puissant seigneur, monseigneur le duc d'Estissac
Père de France, chevalier des ordres du Roy et grand maître
De sa garde robe, de monseigneur Jean Louis Portail
Président honoraire du parlement
Et de Mrs les Curés et ecclésiastiques du comté de
Pontchartrain, savoir de Mr François
Barré curé de Coignières, de Mr François
François Le Griffon, curé de Maurepas, de
Mr Chardin de la Chardinière, curé
d'Elancourt de Mr Etienne Bidault, curé de
Bazoches, de Mr Laine, curé de Neauphle
Le Château, de Mr Le Curé de Vicq, de Mr
Pierre Paroy desservant la paroisse de Neauphle
Le Vieux, de Mr Galais vicaire de Neauphle
Le Vieux, de Mr Jean Laurier, curé de
Flexanville, de Mr Dandrieu vicaire de
Cette paroisse de Mr Larché Chapelain
De Mgr Le Comte de Maurepas, de Mr
Hachette Chapelain de l'hôpital des Bordes
Et d'un très grand concour de peuple, les
quels avec mesdits seigneurs ont signé le
présent acte ad perpetuam rei mémoriam

+ ant cler arch de Besançon
+ j. b. ev. De Troyes
+ cl. ant. fr évêque de Luçon
La Vrillière Maurepas Portail
de Maurepas Verthamon
Collet, curé de Jouars

Cette superbe page d'Histoire, où sont cités plus de vingt personnages, appellerait de nombreux commentaires et développements. Volontiers, je me limite à quelques remarques :

  • Georges-Louis Phelypeaux d'Herbault successeur récent du Cardinal de La Rochefoucauld, au siège archiépiscopal de Bourges, est absent; contrairement aux assertions de diverses encyclopédies5, il n'est donc pas le consécrateur d'un vicaire général très longtemps en poste au diocèse berrichon; certes ses cousins, les Maurepas6, sont présents à la cérémonie.
  • La signature de l'évêque de Limoges n'apparaît pas sur l'acte minutaire: oubli du prélat, indisposition, départ prématuré ?
  • Abbé bénéficiaire de Neauphle - Le - Vieux, Mr de Verthamon est frère (?) du défunt évêque de Luçon à qui succède le nouvellement promu.
  • Le duc d'Estissac7 est Louis-François-Armand de La Rochefoucauld de Roye (1695-1783) ; il assiste à cette cérémonie au titre de proche parent du cardinal précité. Impressionné par un tel personnage, le curé Collet, lui a indûment donné de la pairie8.
  • Ancien capitaine au Régiment du Roi, Jean-Louis Portail9, appartient à une vieille famille roturière anoblie par charges; il est président à mortier au Parlement de Paris en 1726
  • Les parents de l'évêque de Luçon ne sont pas nommés: sa mère, veuve, décèdera l'année suivante, en janvier 1760, à un âge fort avancé.

Notes:

  1. Publication du CNRS, 1987, Cote Mazarine : 4° 21535
  2. Orthographe exacte et non Gaultier : je m'en expliquerai ultérieurement.
  3. Microfilm : 5MI – 1837.
  4. La prochaine édition de “l'Episcopologe français des temps modernes” d'A. Chapeau et F. Combaluzier“ pourra valablement en tenir compte.
    Par exemple : “Dictionnaire de biographie française, tome 18” Paris, Letouzey, 1994.
  5. Jean-Frédéric Phelypeaux (1701-1781), comte de Maurepas, secrétaire d'Etat à la Marine et aux Colonies est disgracié par Louis XV en 1749 ; Louis XVI, le rappelle, le nomme ministre d'Etat et des Finances ; on lui doit la suppression des galères. Quant à son épouse, née la Vrillière, dame de charité, une rue à Paris 1er rappelle sa mémoire. - Issu d'une branche cadette de la célèbre famille, il est le gendre et le cousin d'Alexandre (1690 – 1762), 5ème duc de La Rochefoucauld, créé pair de France en 1728.
  6. Alexandre sera exilé en Vexin et Picardie de 1744 à 1754 pour avoir commis la maladresse d'éloigner une royale favorite pendant une maladie de Louis XV.
  7. Avec en plus, une bien naïve faute d'orthographe !
  8. D'après François Bluche : “Origine des magistrats du Parlement de Paris au 18ème siècle” Cote Mazarine : 8° s.s 34/5/6.

Chapitre 6

RESUME
S'il est avéré que l'Almanach Royal, le “who's who” du XVIIIème siècle, mentionne que l'Evêque de Luçon, Mgr Claude Antoine François Jacquemet Gaultier, est né au diocèse de Besançon, en revanche les ouvrages consacrés à l'Evêché de Luçon donnent audit Jacquemet Gaultier le Berry pour lieu d'une naissance, de plus décrite éminemment controversée et douteuse ! Le présent article fait litière de ces dernières affabulations, qui m'abusèrent un temps, et rétablit l'exactitude des faits.

PERE ET MERE
Gravé en lettres d'or dans le marbre d'une plaque commémorative, sur un mur de la cathédrale de Luçon anciennement scellée entre la quatrième et la cinquième station du Chemin de Croix, on peut lire le texte latin1:

Claudius Antonius Franciscus
JACQUEMET GAUTHIER d'ANCYSE
Lucionensis Episcopus (1758 – 1775)
Natus anno 1706
Obiit die 27 octobris 1775

Puis, en traversant le cloître, l'on arrive au service d'accueil de ce palais épiscopal qui abrita Armand-Jean Duplessis, cardinal de Richelieu, et là, le visiteur peut consulter la liste des évêques de Luçon, des origines à nos jours ; j'en extrais ce qui concerne le 33e évêque :

“Claude-Antoine-Fr Jacquemet – Gaultier d'Ancyse 1759 – 1775”

A première vue, la différence entre Gauthier et Gaultier, raisonnablement, n'apparaît pas très significative ; en effet chacun sait bien, pour l'avoir maintes fois remarqué, qu'un même nom peut souffrir différentes écritures au long des lignes d'un même acte. Il n'empêche qu'après plusieurs mois de recherche auprès des A.D. du Jura et de la Côte d'Or, preuves à l'appui, je crois pouvoir affirmer que :

  • Jacquemet est le patronyme du père de l'évêque
  • Gauthier2 est le patronyme de la mère de l'évêque

Quant à “d'Ancyse”, il s'agit d'un troisième nom que le prélat semble s'être auto-attribué dans les années 1767 ; pour l'heure, les motifs et signification de ce choix me sont inconnus.

DILEMME
Voyons donc maintenant ce que l'on peut lire dans les diverses sources imprimées concernant cet évêque; plusieurs documents sont consultés :

  1. L'Almanach Royal3, publication quasi-officielle, dans ses éditions annuelles de 1759 à 1775 cite l'évêque de Luçon sous le nom de Claude Antoine François Gaultier, du diocèse de Besançon né en 1707, sacré 1759 29 avril, 1000 florins (taxe en Cour de Rome), 24000 livres (revenus de l'évêque)
  2. L'armateur André Collinet4 dans sa “Chronique de La Chaume” nous raconte vers 1810.
    Le sieur Gaultier évêque de Luçon vient d'être reconnu enfant de deux pères par les facultés de médecine de Paris et de Montpellier et par arrêt du parlement de cette ville. La mère dudit évêque épousa en premières noces messire Aimé Jacquemet gentilhomme du Berry. Trois mois après le décès de ce premier, elle passa en secondes noces avec François Gaultier procureur général de la Sénéchaussée d'Issoudun. Sept mois après ce dernier mariage, elle donna le jour au susdit évêque. Ce célèbre évêque voulut reconnaître quel était son véritable père. Ayant à cet effet consulté les deux plus fameuses académies que j'ai citées, elles décidèrent qu'il pouvait appartenir aux deux pères…
  3. En 1847, La Fontenelle de Vaudoré5 relate :
    Claude Antoine François Jacquemet Gaultier d'Ancyse, d'une famille bourgeoise estimée et riche du Berry était vicaire général de l'archevêché de Bourges lorsqu'il fut nommé à l'évêché de Luçon. Une singularité personnelle de ce prélat, dit un savant ecclésiastique qui nous a aidé de quelques notes sur les évêques de Luçon, est d'avoir porté le nom et d'avoir hérité de deux pères différents, M. Jacquemet et M. Gaultier. On m'a expliqué cela en disant que sa mère se remaria très peu de temps après son veuvage et qu'elle accoucha à une époque où l'enfant pouvait être du premier mari en naissant à la fin du neuvième mois, ou du second en naissant avant terme…
  4. L'abbé Du Tressay6 quant à lui, rédige en 1869 :
    Claude Jacquemet Gaultier d'Ancyse était d'une riche et honorable famille du Berry. Sa mère fut mariée deux fois; son premier mari se nommait Jacquemet, le second Gaultier d'Ancyse. Son veuvage entre ces deux alliances fut si court qu'on ne put déterminer de manière certaine quel était le père du jeune Claude. On lui donna le nom des deux époux et il hérita de l'un et de l'autre…
  5. En 1891, le Père Armand Jean7 note brièvement : Claude Antoine François Jacquemet Gaultier d'Ancyse né en 1707 dans le diocèse de Bourges était docteur et prieur de Sorbonne…
  6. L'épiscopologe de Dom Chapeau et R. Combaluzier mentionne cet évêque sous le nom de Jacquemet de Gaultier d'Ancyse né en 1707 au diocèse de Besançon.
  7. Quant aux dictionnaires de biographies historiques, ou ecclésiastiques, ils le donnent né en Berry ou en Franche-Comté tant en 1706 que 1707 !

Pour clore cette liste, rappelons que les Archives Vaticanes, par mes soins consultées, (voir Lien Comtois n°18) ignorent l'état-civil de cet évêque “gallican”..

Au vu de tout ce qui précède, une naissance du 33e évêque de Luçon en Franche-Comté ne paraît pas évidente a priori ; et pourtant, j'élimine d'office une recherche en territoire berrichon, aux motifs que les armoriaux8 du cru ignorent “Gaultier d'Ancyse” et que “Jacquemet” est connu en Franche-Comté de temps immémorial9.

LES PREUVES
Il restait donc à prospecter l'archidiocèse de Besançon, en Franche-Comté, c'est-à-dire à peu près l'équivalent des trois départements d'aujourd'hui, Doubs, Jura, Haute-Saône, sans compter Belfort, soit plus de mille paroisses ; un indice était nécessaire pour aborder les recherches auprès des diverses Archives Départementales.

Par chance, Monsieur l'Abbé H. Baudry, l'actuel archiviste diocésain, qui m'avait, en son temps, fourni le testament de l'évêque de Luçon, me fait remarquer l'existence d'une mention rapportée10 sur ledit testament ; après déchiffrement, ainsi apparaît-elle :

Testament de Mr Jacquemet Gauttier d'Ancy - Evêque de Luçon - parain de Mr Charles Louis J-B. Crestin11 d'Oussières, conseiller au Grand Conseil.
La grand-mère maternelle de M. Charles Louis J-B Crestin d'Oussières était une Lambert fille d'Antoine Lambert vicomte mayeur de la ville d'Arbois. Les Lambert et les Jacquemet étaient deux familles alliées.

Les “Annales historiques et chronologiques de la ville d'Arbois” écrites par E. Bousson de Mairet, bientôt consultées, me confirment que les Lambert et Jacquemet sont respectivement mayeurs et échevins en Arbois depuis l'an 1600 au moins; l'étude aux A.D. du Jura des registres paroissiaux de cette communauté livre enfin l'acte de naissance et de baptême, rédigé en latin médiéval, du futur évêque et ce en date du 19 avril 1706 ; j'en donne la traduction:

Claude Antoine François fils du Seigneur Etienne François Jacquemet et de noble Dame Claudia Gaultier, mariés, est né le 19 avril, baptisé le 24 dont les parrain et marraine ont été les Seigneurs Antoine Jacquemet et Louise Anne Françoise Touverey.

                      A.Cocagne, prêtre                             Jacquemet
                                                   Touverey

Poursuivant les recherches sur Arbois apparaissent deux documents, traitant du décès en date du 24 octobre 1737 du père de l'évêque, l'un au répertoire alphabétique (microfilm 1 MI 462) et l'autre au registre paroissial (microfilm 1 MI 454). Je transcris :

Jacquemet Etienne – François époux de Claudine Gauthier, 24 octobre 1737

et

L'an mil sept cent trente sept le vingt cinq octobre le Sieur Estienne Jacquemet a été inhumé dans cette église étant mort le jour précédent âgé d’environ soixante années en présence du Sieur Mathieu Vauchey chanoine honoraire de l'église collégiale de cette ville, du Sieur Claude François Champereux conseiller président au bailliage d'Arbois, du clergé de cette église et plusieurs autres. G. Lambertoz, vicaire

Remarquons que quatorze années plus tard une mention marginale est portée sur l'acte précédent; elle est :

Le Sieur Jaquemet s'appelle Estienne François ce qui m'a été certifié par les parents et par l'acte baptismal des enfans entre autres du 19 avril 1706 ; fait à Arbois ce 23e juin 1751 Brabier, curé d'Arbois

Quittant la Franche-Comté, je trouve sur un site Internet12 s'intéressant à l'Histoire, tirée des registres de la paroisse de St Philbert de Noirmoutier et ce pour l'année 1760, l'annonce suivante : Le mardi cinq (février) il a été célébré dans cette église de la manière la plus solennelle qu'il a été possible un service pour le repos de l'âme de feüe Madame Jacquemet Gaultier, mère de monseigneur l'évêque de Luçon. Guyard, curé

Prenant en compte les délais de communication au 18ème siècle ainsi que certaines précisions contenues dans le testament de l'évêque, il me fut aisé d'obtenir des A.D. de l'Indre, l'acte de décès de sa mère à Levroux, paroisse de St Sylvain, diocèse de Bourges à l'époque.

Le 10 janvier 1760 a été inhumée Dame Claude Gaultier décédée hier âgée de 77 ans en son vivant veuve Etienne François Jacquemet Gaultier. En présence des témoins soussignés de : Pierre Jacquemet Gaultier vicaire général et doyen du chapitre de Saint-Sylvain de Levroux, François d'Herer de Pauday avocat au Parlement.

A présent, et considérant les seules pièces d'état-civil, je pense qu'il n'y a plus aucun doute quant à la légitime naissance du 33e évêque de Luçon.

On peut constater, cependant, que la mère de l'évêque n'est pas présente aux obsèques de son époux en 1737 ; il est probable, pour des raisons que j'ignore, qu'elle a choisi de vivre auprès de ses fils, pourvus de confortables bénéfices, à Bourges et autres lieux, en Berry; ensuite, il n'en faut pas plus pour induire en erreur quelques futurs chroniqueurs aux imaginations fertiles et ceci d'autant que l'évêque ajoute le nom de sa mère au nom paternel ou se fait simplement appeler Gaultier.

Et pourtant, Etudiant au réputé collège de Plessis-Sorbonne, à 16 ans, le 2 août 1722, il défend sa thèse13 de Philosophie sous sa réelle identité à savoir “Claude Antoine François Jacquemet”, chapelain14 de l'insigne Eglise Parisienne.

(A suivre ; prochain épisode : Noble ou né dans la roture ?)

Notes et Commentaires

  1. C'est-à-dire : “Claude Antoine François Jacquemet Gauthier d'Ancyse évêque de Luçon de 1758 à 1775, né en l'an 1706 est décédé le 27 octobre 1775”.
  2. Famille bourguignonne de Conseillers au Parlement de Dijon, entre autres Pierre François Gauthier de Tanyot (1725 –1795) cousin germain de l'évêque, cité dans le testament dudit sous le nom de “Gaultier”
  3. Cote 8° A A 2328 à 2354, bibliothèque de l'Institut.
  4. Cote 144 – J1 à 30 aux A.D. de la Vendée.
  5. “Histoire du monastère et des évêques de Luçon” Cote BN : Res LK² 1372.
  6. “Histoire des moines et évêques de Luçon” Cote BN : 8° LK7 14616
  7. “Les évêques et les archevêques de France de 1682 à 1801” Cote BN : 8° Ld1 59
  8. “Dictionnaire des anciennes familles du Berry ” par Petitjean de Maransange, cote 4° 21128, à la Mazarine.
  9. “Mémoires pour servir à l'histoire de la Ville de Pontarlier ” par François Nicolas Eugène Droz, Besançon 1760. Cote BN : F 33956
  10. Au moins dix années après le décès de l'évêque.
  11. Antoine Charles Louis J-B Crestin d'Oussières, né à Monholier le 6 janvier 1760, baptisé à Arbois le 2 février 1761, conseiller au Grand Conseil en 1784. D'après F. Bluche : “Les magistrats du Grand Conseil au 18e siècle” Cote Mazarine : 8° S 329/82
  12. cote microfilm : E O 23319/ AA6, département Estampes de la BN
  13. “Insignis Ecclesiae Parisiensis Capellanus”
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